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(Belga) Une large délégation d’entrepreneurs belges s’envole lundi à destination d’Istanbul pour participer la semaine prochaine en Turquie à la troisième mission économique princière de l’année. La participation des dirigeants d’entreprise est telle qu’il s’agit de la troisième mission la plus importante du genre depuis la création de l’Agence pour le Commerce extérieur en 2003, ce qui témoigne de l’attrait qu’exercent depuis quelques années les rives du Bosphore sur le monde entrepreneurial. Au total, quelque 370 participants seront du voyage dont 312 chefs d’entreprise.

Présentant des taux de croissance qui ont récemment avoisiné les 9% et des prévisions qui tournent encore autour des 4%, la Turquie est une des régions du monde dont l’ascension économique est la plus spectaculaire.

Le pays est un partenaire économique privilégié de la Belgique qui célébrera l’an prochain le cinquantenaire de l’immigration turque estimée aujourd’hui à quelque 190.000 personnes, pour la plupart de nationalité belge. La Turquie constitue le 14ème client économique de la Belgique, qui se classe elle-même au 17ème rang de ses fournisseurs.

Cette mission économique comportera un important volet diplomatique. Il sera d’autant plus intéressant que, voisine de la Syrie, la Turquie est concernée par le conflit en cours de l’autre côté de ses 900 km de frontière commune. Elle accueille sur son territoire quelque 100 000 réfugiés syriens dans des camps dont un, dans la province de Gaziantep, fera l’objet mardi d’une visite du ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, avant qu’il ne rejoigne la mission économique. A son initiative, le Conseil des ministres vient d’ailleurs de libérer, dans le cadre de la diplomatie préventive, une subvention de 500.000 euros pour le financement par la Turquie d’écoles préfabriquées dans les camps de réfugiés syriens situés sur son territoire.

La candidature turque à l’UE est au point mort depuis deux ans

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La situation entre la Syrie et la Turquie s’est tendue ces dernières semaines. Ankara a été amenée à riposter, avec l’approbation vigilante et mesurée de la diplomatie occidentale, à des tirs syriens, parfois mortels, sur son territoire. Jeudi, la défense aérienne turque a forcé un avion de ligne syrien, en provenance de Moscou, à se poser à Ankara, au motif qu’il transportait notamment des munitions, des allégations rejetées par les Russes qui ont protesté.

Autre sujet qui préoccupe Ankara, la candidature de la Turquie à l’Union européenne, est au point mort depuis deux ans et, comme attendu, elle ne connaît pas d’évolution sous présidence chypriote. La candidature d’adhésion est soutenue par la Belgique, qui estime qu’elle doit être analysée à l’aune de l’évolution démocratique du pays. La Commission européenne vient à cet égard de rendre son rapport de suivi annuel du processus d’adhésion. Les progrès de la Turquie ont été jugés “insuffisants” eu égard notamment à la situation de la presse qualifiée de particulièrement “préoccupante”, et en raison du litige avec Chypre, une prise de position mal vécue à Ankara.

Les relations bilatérales entre la Belgique et la Turquie sont généralement considérées comme “bonnes voire très bonnes”. M. Reynders pourrait rencontrer la semaine prochaine son homologue turc, Ahmet Davutoglu, alors qu’accompagné de représentants ministériels, le prince Philippe sera reçu par le président Abdullah Gül et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

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La “question kurde”, sensible en Turquie, fait partie des sujets qui s’invitent régulièrement à la table des rencontres diplomatiques alors qu’après quelques années d’accalmies, les violences ont repris de plus belle entre l’armée et les rebelles du PKK dans le sud-est du pays. Régulièrement, Ankara reprocht au monde occidental d’abriter sur son territoire des personnalités ou associations kurdes qu’elles qualifient de terroristes. Les Etats membres de l’UE soutiennent pour leur part la lutte de la Turquie contre le terrorisme en défendant une “ligne européenne” qui marque son attachement au respect de l’Etat de droit.

Les ministres régionaux peu présents

La mission, à Istanbul et Ankara, est co-organisée par l’Agence pour le Commerce extérieur (ACE), Flanders Investment & Trade (FIT), Brussels Invest & Export (BIE) et l’Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements (Awex). Le ministre bruxellois de l’Economie et du Commerce extérieur, Benoît Cerexhe, effectuera le déplacement en première partie de semaine à Istanbul. Le ministre-président flamand, Kris Peeters, sera présent en seconde partie de programme, à Ankara, avant de poursuivre une courte mission à Izmir.

Les entrepreneurs wallons pourront notamment compter sur le soutien du patron de l’Awex, Philippe Suinen, alors que le ministre wallon de l’Economie et du Commerce extérieur, Jean-Claude Marcourt, qui s’était rendu en Turquie récemment, ne sera pas du voyage la semaine prochaine.

Les ministres régionaux seront donc peu présents la semaine prochaine et quand ils le seront, ce sera en ordre dispersé. Comme on l’observe une nouvelle fois, les missions économiques princières, co-organisées par les agences au Commerce extérieur, n’empêchent pas que chaque Région puisse avoir sur place sa propre stratégie de conquête des marchés.

La mission intervient par ailleurs à un moment particulier en Belgique au lendemain d’élections communales qui demanderont un maximum d’attention au pays pour négocier la constitution de nouvelles majorités locales et pour mesurer l’éventuel impact des résultats sur les autres niveaux de pouvoir.

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